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Le travail de nuit

 

On estime que le nombre de travailleur de nuit en France a doublé en 20 ans. Le taux de travailleurs de nuit serait de l'ordre de 20% sur l'ensemble des pays industrialisés. Avec des conditions de travail plus difficiles, ces travailleurs sont plus exposés aux contraintes de rythme de travail et aux perturbations des cyles de leur sommeil.

Certaines professions comme les pompiers, les militaires ou le corps médical peuvent être contraints à une très forte disponibilité qui réclame une présence à la fois sur des horaires de jour et de nuit, et avec parfois des périodes de récupération courtes.

 

L’impact de ces horaires plus difficiles peut se manifester par un sentiment d’usure professionnelle ainsi que des risques de santé ou de sécurité pour les travailleurs de nuit subissant des troubles du sommeil.

Le travail de nuit peut en effet engendrer un déficit chronique de sommeil, car les horaires décalés sont très généralement liés à une diminution de la durée de sommeil, car dans la pratique il est plus difficile de dormir quand toute la societe est debout et que la lumière du jour est là. Ceci a tendance à entraîner progressivement une dette (que l'on estime de 1 à 2 heures de sommeil par jour, sur le long terme).

 

Sur une faible durée, l'impact de cette dette de sommeil peut être limitée mais sur du long terme, les conséquences peuvent être graves pour le travailleur de nuit. Il est souvent exposé à :

 

  • des risques accrus pour sa santé et le développement de pathologies graves

  • des risques accrus d’accidents du travail ou de conduite (véhicule ou engins de travail)

Travail de nuit et risques pathologiques

 

Si vous avez un poste de travail nocturne, les risques de ce travail de nuit sur votre équilibre et votre santé sont donc bien réels.

 

Des horaires de travail de nuit, surtout sur le long terme (surtou combine avec une mauvaise hygiène de vie) peuvent compromettre votre équilibre de santé.

C’est ce qu’a démontré de façon assez claire I’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire en 2016 dans un rapport.

 

Parmi les principaux risques liés au travail nocturne, l’ANSS a principalement identifié :

 

  • Des troubles digestifs en raison du décalage dans les rythmes circadiens

  • De la fatigue physique avec une «sur fatigue» qui peut déboucher sur une dégradation de l'organisme

  • Un risque accru d'obésité en raison de la production de cortisol, l'hormone du stress

  • De l’hypertension artérielle

  • Des risques plus importants d'accidents vasculaires cérébraux

  • Des difficultés de concentration

  • Des troubles de l'humeur

  • Des dysfonctionnements du système immunitaire

  • Des risques accrus de cancer.

 

Le risque de syndrome métabolique est particulièrement important, car lors du travail de nuit, la désynchronisation de l’horloge circadienne associée au manque de sommeil seraient à l’origine de la prise de poids et de l’obésité.

Quant au diabète de type 2, un des facteurs de son développement serait lié de votre durée d’exposition aux horaires nocturnes.

 

Le manque de sommeil peut abîmer notre ADN

 

Certaines études plus récentes pointent les dommages du manque de sommeil sur notre ADN.

La privation de sommeil peut endommager et modifier l'expression de nos gènes. Ce sont les conclusions d'une étude de l’université de Hong Kong sur la base d'expériences sur des groupes de médecins en bonne santé travaillant à temps plein, en période diurne et nocturne.

 

Ceux qui travaillaient de nuit de manière intensive avec moins de deux cycles de sommeil (3 heures) avaient une dégradation au niveau de leur ADN, à la différence de leurs collègues travaillant le jour.

 

Les chercheurs ont également découvert que cet ADN mettait beaucoup plus de temps à se réparer et selon un mécanisme plus complexe car après une nouvelle nuit passée sans sommeil, l’ADN réparé n'était pas bien consolidé et cassait à nouveau. On peut donc en déduire que le manque de sommeil perturbe notre corps et dans le sens du nombre accru de cancers et de maladies cardiovasculaires.

 

Les troubles gastro-intestinaux consécutifs au manque de sommeil

 

Notre corps et le métabolisme fonctionnent différemment le jour et la nuit. Ainsi selon nos rythmes biologiques, ils sont programmés pour être fonctionnels le jour et en veille la nuit. Le sommeil de nuit est plus réparateur et contribue à l'autophagie qui permet de régénérer les cellules

Les risques d'hypercholestérolémie, d'ulcères de l’estomac ou de reflux gastro-intestinaux sont plus importants.

De plus la nuit étant réservée au sommeil, la nutrition est plus compliquée et se traduit pas des repas moins qualitatifs pouvant être rapidement consommés sur le lieu de travail avec des aliments rapides, des sucres, des boissons gazeuses et bien souvent assorties d'une consommation de café pour rester éveillé. Ce qui peut perturber le sommeil et la récupération de la journée. De plus, pour compenser une fatigue ponctuelle, certaines personnes boivent plus de café, ce qui peut accentuer les problèmes gastro-intestinaux.

Les femmes enceintes sont particulièrement exposées

Les femmes qui ont des cycles de sommeil perturbés en raison notamment d'un travail de nuit sont plus exposé à une grossesse à problèmes à tous les stades. En effet, le travail nocturne augmenterait le risque d'accouchement prématuré ou d'un retard de grossesse.

Les horaires nocturnes et décalés peuvent provoquer des troubles de la vigilance et de la somnolence.

 

Ceux-ci peuvent perturber la sécurité des travailleurs et peuvent facilement entraîner des accidents dont le nombre est multiplié par deux la nuit.

Chez les gens qui ont des horaires de nuit, on dénombre également des risques accrus d'accidents de trajet pour rejoindre leur lieu de travail et le risque est aussi présent à l'issue de la nuit. Ces accidents seraient provoqués par un cumul de facteurs qui concerne à la fois le manque de sommeil, la rupture des rythmes circadiens et un certain isolement social lui-même lié au décalage des horaires de travail.

 

La mauvaise qualité de sommeil inhérente au travail de nuit est également un facteur de risques importants. Les études sur la sécurité au travail mettent clairement en évidence les effets sur la vigilance, la santé psychique et les troubles de l’humeur.

 

 

 

Pour conclure, quelques moyens d'atténuer les effets du travail de nuit sur votre sommeil

 

Le sommeil en journée est de moins bonne qualité et comme déjà indiqué, votre corps se répare moins bien en raison de perturbations dans les fonctions de réparation et de repos du corps durant la nuit et de la perte de bénéfice du mécanisme d'autophagie. Autant redoubler de vigilance.

 

Une solution est de limiter, si toutefois cela est possible, la durée sur ce genre de poste ou de mission, surtout si vous vous approchez de l'âge de la retraite car votre organisme avec l’âge aura de plus en plus de mal à gérer les retards de sommeil.

 

Il faut ensuite maintenir une hygiène de vie la plus stricte possible sur le plan alimentaire :

  • en prenant soin d'éviter les excitants type café en fin de nuit pour pouvoir récupérer au maximum

  • en maintenant trois repas équilibrés par jour

  • en évitant au maximum le grignotage de nuit.

 

Si vous êtes seul et que vous voulez gagner du temps pour dormir, utilisez les techniques de ‘’meal prep’’ c'est-à-dire de planification alimentaire, dont l’objectif est de prévoir et de cuisiner vos repas pour les jours suivants. Bien organisé, cela peut vous permettre d’économiser du temps, tout en mangeant correctement dans la semaine.

 

Il est également important d'optimiser votre environnement de sommeil en atténuant au maximum les bruits et la lumière du jour et en éloignant au maximum les appareils produisant des ondes de votre lit. Des expositions avec une lampe de luminothérapie après les cycles de sommeils peuvent aider à avoir une exposition au soleil suffisante, pour ne pas risquer une carence en vitamine D.

 

De plus, le sommeil polyphasique peut-être une solution pour faire des cycles complets et éviter l’accumulation de retards de sommeil. A défaut, une routine de sommeil de sommeil biphasique composé d’une période longue de plusieurs cycles de sommeil de 90 minutes (se rapprochant le plus possible de la durée d’une nuit normale) et une courte sieste de 20 minutes peuvent aider à atténuer au maximum ce déficit de sommeil.