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Le somnambulisme
Qu’est‐ce que le somnambulisme ?

 

Le somnambulisme est une maladie du sommeil faisant partie des principales parasomnies (troubles du sommeil avec activités complexes du corps), au même titre que les terreurs nocturnes avec lesquelles elles vont parfois de pair, particulièrement chez les enfants. Durant ces crises pouvant durer de 5 à 30 minutes le somnambule peut être amené à se lever, marcher, accomplir des actions tout en étant inconscient ce qui peut s'avérer potentiellement dangereux pour lui-même ou ses proches.

 
Qui est concerné ?

 

Le somnambulisme peut être expérimenté à tout âge, indépendamment du sexe de la personne, sauf dans le cas des enfants où les garçons sont 7 fois plus touchés que les filles. De manière générale ce problème est très fréquent chez l'enfant, moins chez l'adolescent et relativement rare chez l'adulte. Il en va de même pour les terreurs nocturnes qui s'estompent avec l'âge, cessant totalement à la puberté pour la majorité des individus.

  • 15 à 40% des enfants de 1 à 15 ans ont déjà vécu un épisode somnambulique

  • + de 15% des enfants sont susceptibles de faire du somnambulisme

  • 1 à 6% des enfants seraient somnambules régulièrement (plusieurs manifestations par mois)

  • 1 adulte sur 20 serait concerné par le somnambulisme

 

Dans de rares cas, les changements hormonaux s'opérant chez les femmes enceintes peuvent engendrer des périodes de somnambulisme, mais la grande majorité n’en est pas affectée.

 

Quels sont les symptômes ?

 

Les épisodes de somnambulisme apparaissent le plus souvent dans le premier tiers de la nuit, durant les phases de sommeil lent profond (phases 3 et 4 du cycle de sommeil) soit entre 1 à 2 heures après l'endormissement.

Pendant ces éveils incomplets, le somnambule a souvent les yeux ouverts et peut effectuer diverses actions dont il n'aura aucun souvenir à son réveil.

Le somnambulisme s'accompagne souvent de somniloquie, le fait de parler durant son sommeil. Cette somniloquie est normale vers 4-5 ans, jugée non-grave tant qu'elle n'affecte pas la qualité du sommeil. Cependant, passé un certain âge la somniloquie peut témoigner d'un stress chronique et éventuellement être confondue avec une apnée du sommeil. Il est donc recommandé de consulter un spécialiste en cas de doute.

 

Seule une personne extérieure est en capacité d'assister aux symptômes aléatoires du somnambulisme, ceux-ci peuvent comprendre :

  • Somniloquie

  • Amnésie ponctuelle (aucun souvenir de l'épisode somnambulique)

  • Yeux ouverts, regard vide ou pupilles vers le haut

  • Position assise ou debout dans le lit

  • Déambulation, actions

  • Terreurs nocturnes pouvant entraîner sudation, mouvements brusques, cris

 

Durant ses crises, le somnambule est apte à répondre oui ou non à des questions qu'on lui poserait mais s'énerverait rapidement quand ces questions seraient trop nombreuses.

Dans certains cas le somnambule peut déplacer des objets ou uriner dans des endroits inappropriés et pourra donc par lui-même se rendre compte que des évènements anormaux se sont produits pendant la nuit. S'il vit seul, il conclura qu'il en est l'auteur.

 

 

Causes et facteurs de risques potentiels

 

Les causes

Le somnambulisme est un phénomène dont les causes précises sont encore recherchées à ce jour. La prédisposition génétique au somnambulisme est très élevée : 60 à 80% de personnes qui souffrent de somnambulisme ont un parent qui est également atteint (ou qui a été atteint enfant).

Les facteurs de risques

 

Les personnes présentant les principaux facteurs de risques sont celles souffrant d'apnée du sommeil, du « syndrome des jambes sans repos »  ou encore du syndrome de Gilles de La Tourette ; également les patients consommant certains sédatifs.

 

Plusieurs facteurs sont susceptibles de rallonger la durée des phases de sommeil lent augmentant de ce fait les probabilités de faire l'expérience d'une crise de somnambulisme :

 

  • Le stress

  • La fatigue/le manque de sommeil

  • Les migraines

  • Des efforts physiques excessifs avant d'aller au lit

  • Une vessie pleine au moment du coucher ; voire l'énurésie (le pipi au lit chez les enfants)

  • L'alcool, certains médicaments comme les psychotropes et autres drogues

 

Réveiller un somnambule n'est pas dangereux en soi mais peut être déconseillé pour éviter toute réaction violente incontrôlée. Il reste néanmoins possible de le faire avec douceur.

 

Durant une étude menée par des chercheurs français, 100 personnes somnambules ont été observées durant leur sommeil. 45% d'entre eux ont eu des crises comprenant des phénomènes violents comme des chutes ou blessures. Il est à noter que ces 45 personnes n'ont pas ressenti de douleurs jusqu'au réveil et ont pu se rendormir jusqu'au matin. Les régions du cerveau interprétant la douleur sont endormies durant les épisodes de somnambulisme. Il semblerait également que les somnambules soient à contrario plus sensibles aux douleurs comme les migraines et maux de têtes durant la journée, le sommeil des somnambules étant fractionné et moins récupérateur.

 

Le somnambulisme n'est pas une maladie grave mais les actions réalisées par un somnambule sont imprévisibles et le degré de dangerosité qu'elles représentent pour lui ou pour autrui est variable et aléatoire. Il peut par exemple manger, boire, se diriger vers une fenêtre pour l'ouvrir, ou même se mettre au volant de sa voiture et dans de rares cas essayer de pratiquer l'acte sexuel. En cas de constatation d'actes somnambuliques, il convient donc de s'adresser à des professionnels de la santé pour diagnostiquer, encadrer cette maladie et limiter les risques de comportements dangereux.

 

Diagnostic et traitements

 

Le diagnostic du somnambulisme est effectué par le médecin généraliste qui passera en revue les antécédents du patient, discutera avec lui des symptômes attestés et pourra proposer un examen physique et si nécessaire prescrire une polysomnographie (série d'examens cliniques visant à enregistrer et analyser le sommeil du patient)

 

Avant ou après cela, plusieurs mesures peuvent être mises en place :

Des mesures de sécurité :

  • Verrouiller les portes et les fenêtres

  • Placer les objets dangereux hors de portée

  • Eviter les lits en hauteur

  • Bloquer l'accès aux escaliers

  • Faire dormir le somnambule au rez-de-chaussée si possible

Des mesures de prévention relatives aux facteurs de risques et à la qualité du sommeil :

  • Se coucher à heures régulières

  • S'assurer de dormir une quantité d'heures suffisante chaque nuit (7 à 9 heures pour un adulte ; 8 à 10 heures pour un adolescent ; et 9 à 13h pour les enfants de 3 à 12 ans)

  • Eviter les sports et activités physiques intenses dans les heures précédant le sommeil

  • Eviter la consommation de boissons contenant de la caféine ou autres excitants durant la soirée

  • Favoriser les activités relaxantes avant de se coucher : exercices de respiration, massages, bains chauds...

 

Certaines habitudes sont connues pour avoir une influence néfaste sur la santé en général et consécutivement sur le sommeil, il faut donc essayer de réduire ou supprimer si possible :

  • Le tabac

  • L'exposition aux écrans le soir, la lumière bleue émise par ceux-ci perturbent le cerveau et sont un obstacle à un sommeil de qualité

  • L'alcool

  • Les opioïdes et autres drogues

  • Les repas trop copieux avant le coucher

 

Il serait également judicieux de choisir des dentifrices avec une plus faible teneur en fluor, la quantité de fluor présente dans la majorité des dentifrices étant élevée, celle-ci peut conduire à une perturbation de la glande pinéale. Or la glande pinéale est responsable de la production de mélatonine, une neurohormone aussi appelée « hormone du sommeil », elle est indispensable à un fonctionnement normal du corps.

Une supplémentation en mélatonine est possible sans ordonnance.

 

Chez l'enfant il est possible d'essayer la méthode des éveils programmés consistant à réveiller celui-ci 15 minutes avant l'heure habituelle de l'épisode somnambulique (si tant est qu'il y en ait une et qu'elle soit connue).

 

Lorsque le patient décide de prendre rendez-vous chez un médecin généraliste, celui-ci peut ensuite l'aiguiller vers un spécialiste du sommeil, ou dans certains cas vers un psychologue ou un psychiatre.

Une alternative donnant très souvent de bons résultats est le recours aux services d'un hypnotiseur/hypnothérapeute qui peut au travers de ses séances d'hypnose plonger le patient dans un état entre veille et sommeil, et suggérer au cerveau du patient que celui-ci n'a aucune raison d'avoir peur et qu'il peut dormir paisiblement car il est dans un lieu sûr, prévenant à la fois le somnambulisme et les terreurs nocturnes.

 

Les traitements médicamenteux proposés peuvent être les suivants, demandez l’avis de votre médecin dans tous les cas :

  • Rivotril (Clonazépam)

  • Anafranil (Clomipramine)

  • Tegretol (Carbamazépine)

  • Epitomax (Topiramate)