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Les terreurs nocturnes
Que sont les terreurs nocturnes ?

Les terreurs nocturnes constituent un trouble du sommeil faisant partie des principales parasomnies (comportements anormaux ayant lieu durant le sommeil) au même titre que le somnambulisme avec lequel elles vont quelquefois de pair, particulièrement chez les enfants. Pour les personnes qui en sont victimes les terreurs nocturnes durent de quelques secondes à 3 minutes (voire jusqu'à 20 minutes maximum) et se manifestent généralement par des cris, mouvements incontrôlés, débattements, voire pleurs pour les plus jeunes, le tout dans un état inconscient.

 
Qui est concerné ?

Les terreurs nocturnes peuvent être expérimentées à tout âge, indépendamment du sexe de la personne (sauf pour les enfants où les garçons sont un peu plus touchés que les filles). De manière générale ce problème est très fréquent chez l'enfant jusqu'à environ 8 ans et s'estompe avec l'âge, cessant totalement à la puberté pour la majorité des individus. Toutefois, il arrive que des adultes vivent eux aussi des terreurs nocturnes.

  • De 7 à 40% des enfants de moins de 6 ans sont sujets à des épisodes de terreurs nocturnes plus ou moins réguliers

  • Moins de 2% des adultes seraient affectés par des terreurs nocturnes

 

Les femmes enceintes souffrant de terreurs nocturnes (cas très rares) ne sont pas exposées à d'éventuels symptômes supplémentaires.

 
Quels sont les symptômes ?

Les terreurs nocturnes (à ne pas confondre avec les hallucinations hypnagogiques ou les cauchemars) apparaissent le plus souvent pendant le premier tiers de la nuit, à la fin de la dernière phase de sommeil lent profond (phase 4 du cycle de sommeil) soit entre 1 à 3 heures après l'endormissement. Elles peuvent également survenir juste après le sommeil lent profond au début du sommeil paradoxal ou durant la transition entre les deux phases. Ces transitions et/ou les premiers rêves s'ils sont effrayants peuvent engendrer une terreur nocturne.

 

Les terreurs nocturnes s'accompagnent parfois de somniloquie : la personne parle durant son sommeil. Cette somniloquie est normale vers 4-5 ans, jugée non-grave tant qu'elle n'affecte pas la qualité du sommeil. Cependant, passé un certain âge la somniloquie peut témoigner d'un stress chronique et éventuellement être confondue avec une apnée du sommeil. Il est donc recommandé de consulter un spécialiste en cas de doute.

 

Au delà de la possibilité qu'il soit amené à parler, le sujet en plein épisode de terreur nocturne peut crier, transpirer, faire des mouvements brusques. Les yeux sont généralement ouverts. Après son réveil il ne se souviendra pas de l'épisode qu'il a vécu. Ces épisodes sont brefs mais intenses et assez impressionnants pour ceux qui y assistent. La personne replonge rapidement dans un sommeil paisible sans intervention extérieure. On peut observer une expression de peur voire de panique sur le visage de celui-ci et constater une augmentation de son rythme cardiaque.

Les symptômes des terreurs nocturnes comprennent le plus souvent :

  • Sudation

  • Mouvements brusques

  • Cris et/ou pleurs et/ou somniloquie

  • Position assise ou debout dans le lit

  • Amnésie ponctuelle relative à l'épisode

  • Expression de peur sur le visage

  • Augmentation du rythme cardiaque

 

 
Causes et facteurs de risques potentiels

 

Les causes

 

Les terreurs nocturnes seraient principalement dues à une surexcitation du système nerveux central durant les transitions entre la dernière phase du sommeil lent profond et la phase de sommeil paradoxal.

Une prédisposition génétique aux éveils partiels en sommeil lent profond comme le somnambulisme ou la somniloquie peuvent être à l'origine d'une récurrence de terreurs nocturnes. Ainsi, une personne ayant un parent somnambule peut hériter d'une prédisposition l'exposant à expérimenter des terreurs nocturnes.

Les facteurs de risques

 

Les personnes présentant les principaux facteurs de risques sont celles souffrant d'apnée du sommeil, de trouble de stress post-traumatique (TSPT) dans une certaine mesure, du syndrome des jambes sans repos (SJSR) (ou syndrome d’impatiences musculaires de l’éveil (SIME)),  de mouvements périodiques des jambes au cours du sommeil (MPJS), les asthmatiques et les enfants ayant un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH).

 

Plusieurs facteurs sont susceptibles d'augmenter les probabilités d'apparition de terreurs nocturne :

  • Le stress

  • La fatigue/le manque de sommeil

  • Les migraines et fièvres

  • Des efforts physiques excessifs avant d'aller au lit

  • Un environnement bruyant pendant le sommeil

  • Certains médicaments agissant sur le système nerveux central ; ainsi que sédatifs, stimulants, antihistaminiques

  • Des reflux gastro-œsophagiens

 

Réveiller quelqu'un lors d'un épisode de terreurs nocturnes est considéré inutile compte tenu de la brièveté du phénomène. Il vaut mieux laisser la personne finir sa crise et se rendormir automatiquement.

Dans le cas d'un bébé de 0 à 3 ans, les parents peuvent se mettre à ses côtés et éventuellement le rassurer oralement, sans le toucher, jusqu'à ce qu'il se rendorme.

 

Les terreurs nocturnes ne sont pas dangereuses mais un risque de blessure existe en raison des mouvements incontrôlés. Ce risque augmente considérablement si les terreurs nocturnes sont suivies par des épisodes de somnambulisme. Pour les enfants il est d'usage d'attendre que le temps fasse son œuvre et qu'avec la croissance, la maturation du sommeil et de ses cycles fasse progressivement disparaître les apparitions de terreurs nocturnes. Pour les adultes, la pérennisation des terreurs nocturnes peut s'avérer révélatrice d'un mal être et requérir certains traitements adaptés afin de réduire la fréquence de ces terreurs nocturnes.

 

 
Diagnostic et traitements

Le diagnostic des terreurs nocturnes est effectué par le médecin généraliste qui passera en revue les antécédents du patient, discutera avec lui des symptômes attestés et pourra proposer un examen physique et si nécessaire prescrire une polysomnographie (série d'examens cliniques visant à enregistrer et analyser le sommeil du patient) dans le but de détecter d'éventuelles parasomnies sous-jacentes.

 

Afin de minimiser les chances de survenue de terreurs nocturnes, quelques recommandations méritent d'être observées :

  • Se coucher à heures régulières

  • S'assurer de dormir une quantité d'heures suffisante chaque nuit :

 

  • Dormir dans une pièce dont la température ambiante et l'obscurité sont appropriées à un sommeil non-perturbé

  • Eviter les sports et activités physiques intenses dans les heures précédents le sommeil

  • Favoriser les activités relaxantes avant de se coucher : exercices de respiration, massages, bains chauds, hypnose...

  • Pour les adultes, éviter la consommation de boissons contenant de la caféine ou autres excitants durant la soirée

 

Chez les adultes, certaines habitudes sont connues pour avoir une influence néfaste sur la santé en général et consécutivement sur le sommeil, il faut donc essayer de réduire ou supprimer si possible :

  • Le tabac

  • L'exposition aux écrans le soir, la lumière bleue émise par ceux-ci perturbent le cerveau et sont un obstacle à un sommeil de qualité

  • L'alcool

  • Les opioïdes et autre drogues

  • Les repas trop copieux avant le coucher

 

Il serait également judicieux de choisir des dentifrices avec une plus faible teneur en fluor, la quantité de fluor présente dans la majorité des dentifrices étant élevée, celle-ci peut conduire à une perturbation de la glande pinéale. Or la glande pinéale est responsable de la production de mélatonine, une neurohormone aussi appelée « hormone du sommeil », elle est indispensable à un fonctionnement normal du corps.

Une supplémentation en mélatonine est possible sans ordonnance.

 

Chez l'enfant il est possible d'essayer la méthode des éveils programmés consistant à réveiller celui-ci 15 minutes à une demi heure avant l'heure habituelle de l'épisode de terreurs nocturnes (si tant est qu'il y en ait une et qu'elle soit connue). Cette méthode est à essayer dans les cas où les terreurs nocturnes sont trop fréquentes et trop intenses. Plus l'enfant est jeune, plus il est préférable de demander d'abord l'avis d'un professionnel de santé avant de mettre en place cette méthode.

Conseils supplémentaires pour les enfants :

  • Au lendemain d'une nuit durant laquelle l'enfant a vécu une terreur nocturne, ne pas l'en informer mais essayer plutôt de savoir si il est inquiet à propos d'un sujet quelconque.

  • Si les épisodes de terreur nocturnes s'intensifient, consulter un médecin généraliste ou directement un pédiatre.

 

Lorsque le patient décide de prendre rendez-vous chez un médecin généraliste, celui-ci peut ensuite l'aiguiller vers un spécialiste du sommeil, ou dans certains cas vers un psychologue ou un psychiatre s'il pense que ses terreurs nocturnes sont en partie résultantes de son anxiété.

 

Une alternative donnant souvent de bons résultats est le recours aux services d'un hypnotiseur/hypnothérapeute qui peut au travers de ses séances d'hypnose plonger le patient dans un état entre veille et sommeil, et suggérer au cerveau du patient que celui-ci n'a aucune raison d'avoir peur et qu'il peut dormir paisiblement car il est dans un lieu sûr, prévenant à la fois les terreurs nocturnes et le somnambulisme.

 

Pour les adultes (uniquement) qui continuent d'avoir des terreurs nocturnes quelques traitements médicamenteux peuvent être proposés, il est recommandé de demander l’avis de votre pharmacien ou votre médecin :

  • Deroxat (Paroxétine)

  • Tegretol (Carbamazépine)

  • Rivotril (Clonazépam)