La meilleure sélection du Club : 

- L'apnée du sommeil - Symptômes, facteurs de risque, traitements

- La machine PPC contre les ronflements - Comment améliorer son utilisation ?

Les insomnies
Qu’est-ce que l’insomnie ?

L’insomnie est un trouble qui affecte la qualité du sommeil d’une personne au point d’avoir une influence négative sur son quotidien. L’insomniaque a du mal à s’endormir et son sommeil est souvent entrecoupé. Le matin, il a tendance à se réveiller fatigué, avant l’heure désirée.

On distingue l’insomnie passagère, qui est ponctuelle et souvent liée à une situation stressante, de l’insomnie chronique, qui affecte la personne de manière régulière pour diverses raisons.

 

 

Qui est concerné ?

Il est difficile de trouver des données précises concernant le nombre de personnes qui souffrent d’insomnie car il n’existe pas de définition précise de ce trouble. Les résultats diffèrent selon les critères de l’étude.

Cependant, selon une enquête menée en 2015 par l’INSV (Institut National du Sommeil et de la Vigilance) un tiers des Français déclare souffrir d’insomnie. En parallèle, ils sont la moitié à avoir du mal à s’endormir et près d’un quart à somnoler en journée.

Toujours selon cette étude, la moitié des Français pense avoir un mode de vie stressant qui influence la qualité de leur sommeil. En général, ses personnes ont plus de 35 ans. Par ailleurs, les femmes semblent être les plus sensibles au stress et les plus touchées par ce trouble. La grossesse pourrait également accroître la manifestation de l’insomnie.

 

 

Quels sont les symptômes ?

L’insomnie se caractérise par la diminution de la quantité et/ou de la qualité du sommeil. Elle a des conséquences néfastes sur la vie quotidienne de la personne telles que la fatigue, le manque de concentration ou la somnolence.

 

L’insomniaque réunit généralement ces quatre symptômes :

  1. Difficulté à s’endormir.

  2. Un sommeil entrecoupé d’éveils.

  3. Le réveille précoce.

  4. Le sommeil n’est pas récupérateur, le sujet se réveille fatigué.

 

L’insomniaque chronique expérimente ce trouble du sommeil au moins 3 fois par semaine plus d’1 mois. Ses symptômes ont tendance à évoluer dans le temps.

 

 

Les causes et les facteurs de risque.

Parfois, l’insomnie est idiopathique, c’est-à-dire qu’elle est sans cause apparente. Dans ce cas, le trouble apparaît généralement depuis l’enfance.

Cependant, chez la plupart des personnes, c’est le stress, l’anxiété ou la dépression qui est à l’origine du trouble. Et dans 50 % des cas, c’est leur mode de vie qui est mise en cause. Un rythme quotidien accéléré, des responsabilités qui dépassent la personne ou des conflits peuvent être source des pensées intrusives qui causent l’insomnie.

Parfois, l’insomnie est causée par un autre trouble du sommeil. C’est notamment le cas de l’apnée du sommeil (pauses de la respiration), du syndrome des jambes sans repos (besoin incontrôlable de bouger les jambes), ainsi que des parasomnies comme le somnambulisme ou le syndrome de la tête qui explose (hallucination auditive).

Certaines pathologies psychiatriques peuvent également être à l’origine d’une insomnie. Notamment les personnes bipolaires (alternance des états émotionnels extrêmes) ainsi que les sujets atteints de psychose (épisodes maniaques).

Concernant les facteurs de risque, dans la plupart des cas, ils sont liés à de mauvaises habitudes de vie. Selon une étude réalisée par l’INSV, la rupture du rythme veille-sommeil est l’un des principaux facteurs déclenchant de l’insomnie. Ce phénomène est appelé « jet lag social » : c’est le fait de dormir une certaine quantité d’heures en semaine et de « récupérer » le weekend en s’octroyant des heures de sommeil supplémentaires. Ce comportement contribue à dérégler l’horloge biologique.

Le manque d’activité physique semble également être un facteur aggravant du trouble. Toujours selon cette étude, les personnes qui pratiquent plus d’une heure d’activité physique par semaine semblent être 3 fois moins atteintes par l’insomnie que les sédentaires. Par ailleurs, 74 % des personnes qui déclarent être satisfaites de la qualité de leur sommeil pratiquent plus de 3 h de sport par semaine.

 

En effet il semblerait que la pratique d’une activité physique permet de réduire le niveau de stress, lequel est à l’origine d’une mauvaise qualité du sommeil. En outre, certaines études pointent du doigt l’obésité et le surpoids comme facteur aggravant de l’insomnie, notamment pour les difficultés respiratoires que cette condition entraîne.

 

Il existe également une corrélation entre l’utilisation des écrans lumineux et la qualité du sommeil. 44 % des insomniaques regardent la télévision dans l’heure qui précède le coucher. D’un autre côté, 25 % des personnes qui souffrent d’insomnie utilisent leur téléphone jusqu’au dernier moment de leur journée.

 

Les cycles du sommeil sont en effet régulés par une hormone : la mélatonine. Celle-ci est sécrétée pendant la nuit, lorsque la personne se retrouve dans l’obscurité. L’utilisation d’écran lumineux juste avant le coucher bloque la sécrétion de cette hormone et provoque le dérèglement de notre horloge interne ce qui contribue à dégrader la qualité du sommeil.

En ce sens, l’âge semble également être un facteur de risque puisque la production de mélatonine diminue proportionnellement avec l’âge.

 

Bien entendu, les stimuli environnementaux tels que la luminosité et le bruit sont des facteurs aggravant des cas d’insomnie. La phase de sommeil lent léger représente environ 50 % de la période de sommeil totale. Ainsi, près de la moitié de la nuit, le dormeur peut être facilement réveillé ou dérangé par les stimuli extérieurs car son sommeil est superficiel.

C’est également le cas de la digestion qui est souvent source de difficulté à l’endormissement. Le fait de dîner copieusement moins de 2 heures avant le coucher explique en grande partie la difficulté à s’endormir ainsi que le sommeil de moindre qualité.

La prise de substances stimulantes comme le café, l’alcool ou la nicotine est un facteur aggravant de l’insomnie courant. Tous ces psychotropes ciblent le transmetteur de l’adénosine, un neurotransmetteur qui permet d’amener un état de somnolence, notamment par la dilatation des vaisseaux. En outre, leur privation peut également causer ce trouble, tout du moins, pendant la période de sevrage.

 

 

Diagnostic et traitements

Le diagnostic de l’insomnie repose principalement sur l’interrogatoire du patient par un médecin. Afin de déterminer la sévérité du trouble, le médecin peut prescrire un examen du rythme veille-sommeil. Cette évaluation se fait au moyen d’un petit appareil appelé actimètre, de la taille d’une montre, porté par le sujet en question tout au long de la nuit et de la journée. Il mesure ainsi ses mouvements, mais aussi l’intensité lumineuse ainsi que la température corporelle.

Afin de déterminer l’impacte de l’insomnie sur le quotidien du patient, le médecin peut également mesurer la sévérité de la somnolence diurne. Cela, au moyen de l’échelle d’Epworth, un questionnaire de huit questions.

Il existe trois types de traitements :

  1. Les traitements médicamenteux. Le médecin prescrit par ordonnance des benzodiazépines aux propriétés anxiolytiques : le flurazépam (Dalman), le témazépam (Restoril), le nitrazépam (Mogadon), l’oxazépam (Sérax) et le lorazépam (Ativan). Cependant, la plupart de ces somnifères créent une accoutumance ainsi qu’un endormissement résiduel le matin, au réveil. Le médecin peut ainsi prescrire des somnifères non-benzodiazépines, dont l’action est plus courte, comme la zopiclone (Imovane) ou le zaléplon (Starnoc).  Si le sujet a particulièrement du mal à s’endormir, alors le médecin prescrira un antagoniste de la mélatonine comme le ramelteon. 

  2. Les traitements non-médicamenteux. La phytothérapie, le traitement par les plantes représente une alternative naturelle aux somnifères. Les tisanes de Valérienne, de Tilleul, de Mélisse ou d’oranger auraient un effet sédatif permettant d’améliorer la condition de l’insomniaque. Certains compléments alimentaires naturels comme Nutrigénie sont élaborés à partir d’extraits de plantes.

  3. Les thérapies comportementales. Il s’agit d’un ensemble de moyens qui visent à rétablir l’association inconsciente du lit avec le sommeil. Dans ce cadre, le lit est exclusivement réservé à l’endormissement, on supprime toute autre activité comme le fait de lire, de manger et bien sûr de regarder la télévision (les relations sexuelles sont toutefois tolérées).

 

En parallèle à l’un de ces traitements, il est conseillé de changer quelques habitudes de vie et aspects environnementaux du dormeur :

  • S’assurer que la chambre soit libre de tout stimuli comme la luminosité, le bruit et que la température soit adaptée (environ 18 degrés.).

  • Eviter les activités stimulantes avant le coucher : le sport et l’activité intellectuelle.

  • Ne pas consommer de substance stimulante le soir : caféine, nicotine ou autre psychotrope.

  • Essayer de manger au moins 2 heures avant le coucher, quelque chose de léger et facile à digérer de préférence.

  • Bannir l’utilisation d’écrans 1 heure avant le coucher : téléviseur, téléphone, tablettes …

  • Pratiquer une activité sportive, même modérée : au moins 30 minutes au quotidien.

  • La pratique de la méditation et des techniques de relaxation peuvent aider à diminuer les niveaux de stress de manière naturelle.

  • Prendre un bain chaud avec des huiles essentielles calmantes (comme la lavande) aura un effet relaxant.

  • S’assurer de la qualité de la literie.

 

Enfin, si vous pensez souffrir d’insomnie, n’hésitez pas à consulter un médecin afin que celui-ci en évalue la cause. L’insomnie peut-être le symptôme sous-jacent d’une maladie.